Every Extend Extra Extreme

La première chose que l’on se demande en entendant parler de « Every Extra Extend Extreme » est sans aucun doute « Mais quel sorte de jeu peut résonner à ce nom là? », et c’est d’ailleurs tout à fait compréhensible. Mais plus de panique, lisez donc ce test pour en savoir un peu plus sur la dernière création de Tetsuya Mizuguchi, célèbre développeur de jeux comme Lumines ou encore Meteos pour ne citer qu’eux, qui se veulent les plus addictifs possible.

Étrangement Évolué pour Être si Effacé…E4, car nous allons l’appeler comme ceci désormais par souci de place, fait vraiment partie de ces jeux qui sortent complètement du lot de par leur originalité. Simple jeu de rythme à la base, il s’emplit d’un tas de petits détails qui font que c’est lui qu’il faut choisir, et non pas un autre. Car en effet, le principe d’E4 n’a vraiment rien de sorcier : appuyer sur une touche en rythme. Oui, ni plus, ni moins. La différence, c’est la manière avec laquelle il faut le faire et le résultat obtenu qui le différencie tant d’autres jeux musicaux bien plus connus. D’ailleurs, intéressons-nous de plus près aux bases du soft.

Aux commandes d’une sorte de petit vaisseau, vous serez attaqué de tous les côtés par des petites particules bien évidemment néfastes pour votre chère navette. À partir de là, on pourrait voir se profiler un énième jeu à la Space Invaders, mais rassurez-vous, il n’en est rien. En effet, là où certains autres se seraient contentés d’éviter tous ces obstacles lilliputiens, c’est une technique bien plus risquée (mais tellement plus jouissive) pour laquelle vous opterez : l’auto-destruction. Pas de panique, le nombre de vaisseaux est illimité, ce qui vous assure bien heureusement d’entendre le bruit de l’explosion à maintes reprises. Tout cela donc dans le seul et unique but d’enchaîner un maximum d’explosions autour de vous, vos ennemis étant très sensibles à la réaction. Dès lors, vous n’avez plus qu’à attendre la fin du combo, qui peut parfois prendre des dimensions de l’ordre de tout votre écran.

À propos, E4 arbore une ambiance qui, elle aussi, se différencie des autres jeux. Partant de graphismes relativement peu travaillés (quelques formes en tout et pour tout), c’est un réel spectacle auquel vous aurez droit lors de vos diverses parties. Optant pour l’environnement électronique, pour ne pas dire techno à l’image de la musique, ce sera une pléthore de couleurs à en faire pâlir Arlequin qui vous sera exposée. Une détonation par-ci, une désintégration par là, vous ne saurez plus où donner de la tête lors de vos longues parties. À l’image du jeu donc, l’aspect graphique se veut simple, mais terriblement efficace.

Étroitement Ennuyeux Et Embêtant…Si le concept du jeu paraît réellement simple, voire même banal, c’est qu’il y a quelques possibilités qu’il ne faudrait pas manquer. C’est ici qu’apparaissent notamment les objets contenus dans vos adversaires et aussitôt relâchés une fois vaincus. Comme dit plus haut, toutes vos actions se passent en musique, et plus l’instant où vous souhaitez faire imploser votre vaisseau est dans le tempo du morceau, plus la réaction sera puissante. Une aubaine quand vous pouvez alors augmenter ce même tempo à l’aide des accélérateurs afin de cumuler encore plus de points. À la fin de chaque explosion, un temps de pause vous sera accordé grâce au bouclier automatique, opérant au minimum trois secondes afin de pouvoir vous replacer et de viser au mieux le prochain coup. Et ici, pareil, on peut s’assurer de trouver le bon endroit pour mettre le feu aux poudres grâce aux objets bouclier qui allongeront le temps d’efficacité de votre bouclier. Parlons enfin des objets nommés « X », qui servent tout simplement à augmenter le nombre d’opposants, outil à double tranchant vu que d’un côté il augmentera le nombre de chances de vous faire percuter comme il vous permettra de faire des chaînes encore plus longues. Il est d’ailleurs possible d’interrompre un cycle en cours afin de pouvoir amasser le plus de bonus possible étant donné que ceux-ci disparaissent après un certain laps de temps.

Au niveau de la musique, E4 ne va pas chercher midi à quatorze heures. Se parant de quelques morceaux (seulement a-t’on envie de dire) techno, il assure un concentré de musique forte et très électronique afin de donner ce côté « mécanique » au jeu. Heureusement pour nos oreilles, ceux pour qui le petit nombre de morceaux présent deviendrait lassant, Q Entertainement a tout prévu. En effet, dans le cas où votre matériel vous l’autorise, vous serez amené à importer des chansons stockées dans votre console afin de pouvoir profiter du concept sur vos propres mélodies.

Lassant, c’est malencontreusement un terme auquel E4 doit faire face. Au-delà du fait qu’il ne propose que peu de chansons, il en va de même pour le nombre de modes de jeu. Car si dans le menu principal il paraît y en avoir assez pour justifier son achat, vous serez dans le regret de voir qu’ils ne sont que différentes déclinaisons de ce même principe de jeu. Vous aurez donc droit au high-score, au contre-la-montre ou au mode libre. Exploitant tous le même esprit, il vous sera demandé d’atteindre un score faramineux dans le premier sans pouvoir prolonger le temps, d’en faire de même dans le deuxième avec l’apparition de capsules de temps et de vous amuser autant que vous le souhaitez dans le dernier. Et si quelques adeptes de high-score, comme on les appelle si bien, y trouveront leur compte, ce ne sera sans doute pas le cas de la plupart des joueurs.

Toutefois, oh bonheur!, c’est dans un ouf de soulagement que l’on découvre le dernier mode proposé par le jeu, nommé « revanche ». Et là, il est déconcertant de voir à quel point un jeu peut être infiniment différent en usant des mêmes bases… inversées. En effet, si dans le mode normal c’est vous qui étiez amené à vous défendre contre ces invasions de poussières musicales, les rôles s’inverseront pour que vous puissiez prendre le contrôle du même vaisseau certes, mais doté de nouvelles aptitudes, celle de tirer et celle de pivoter sur soi-même. Et là, le jeu aura tout d’un shoot’em up, à la sauce Mizuguchi cela s’entend. Vous traverserez un maximum de niveaux à la recherche de proies et, au bout d’un certain temps, de boss. Si l’idée était bonne, on remarquera vite que, à l’image du reste du jeu, une fois la technique prise, le mode se verra être plutôt simple et dénué d’intérêt au bout d’un court instant.

Au final, Every Extra Extend Extreme se veut être original jusque dans notre appréciation. S’il pourra sans doute plaire et devenir même addictif aux mordus du score max, il aura bien plus de peine à convaincre un public moins ciblé. Pas assez varié et même lassant dès l’instant où vous aurez parcouru le maigre contenu qu’il propose, il est dommage que les développeurs n’aient pas pensé à diversifier encore plus ce concept de base pourtant si original bien que très simple. Restera donc à E4 son ambiance particulière afin de vous séduire sur le marché du Xbox Live, ce qui sera tout de même assez juste pour le prix auquel il est proposé.

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