Entrons directement dans le vif du sujet, AMY nous est vendu comme un survival-horror super noir, comme pouvait l'être un Silent Hill de la grande époque. Pourtant, au lancement de la galette, on peut se poser quelques questions concernant le scénario. On entre rapidement dans ce dernier, peut-être même trop, en sachant que le jeu ne compte « que » six chapitres. La sensation d’oppression est bien présente, mais l'ensemble paraît bancale par rapport à une référence du genre. Une première impression discutable certes, mais au fil de l'aventure, l'ensemble se bonifie clairement et la French Touch refait son apparition. Quant au scénario, vous incarnez Lana, une jeune femme qui doit veiller sur AMY, une petite fille ayant certains troubles psychologiques. Le petit côté sexy, c'est qu'on se retrouve en 2035 avec tout ce que ça engendre de nouveautés. Cela paraît léger, pourtant ce pitch vous permet d'entrer dans un univers prenant et angoissant. Dites vous bien que sur ce genre de production, il faut se mettre en condition, comme on peut le faire avec un Resident Evil ou un Silent Hill. Seul devant son écran toutes lumières éteintes avec pour seul accompagnement, son courage... Aussi maigre soit-il ! De ce point de vue, AMY est une réussite et l'on peut féliciter les développeurs pour leur univers. Concernant le background du scénario, on reste cependant dans un thème classique avec une pseudo invasion de zombies et un virus... C'est un peu le créneau classique sur le marché du jeu vidéo et on aurait vraiment aimé voir quelque chose d'autre.
Côté graphique et comme dit précédemment, la French Touch reprend la place qui était la sienne dans les scénarios d'horreur. L'histoire se déroulant dans le futur, on se retrouve avec des clins d'oeil aux éventuelles nouveautés techniques susceptibles de voir le jour dans les 20 prochaines années. Un petit point faible sur l'ensemble des décors, trop simpliste. Il est malheureusement pas rare de voir des pièces quasiment identiques entres elles. Le choix de l'éclairage peut quant à lui être discuté, avec un parti pris entre des endroits éclairés, et d'autres très sombres. Ce choix est surement dû au genre du titre, mais par moment, on est franchement embêté par le manque d'éclairage sans que cela ne touche concrètement à l'ambiance du titre. Les textures sont mal travaillées, avec une impression de retour en arrière sur PS3. La console est clairement mal utilisée, et on était en droit de s'attendre à un travail plus poussé de la part des développeurs. Certains monstres manquent de détails et cela touche vraiment à l'immersion du titre. Un point que les développeurs auraient dû prendre plus en considération tant l'aspect graphique devient important dans les nouvelles productions. Pourtant, au-delà de ces quelques défauts, AMY n'en reste pas moins un jeu prenant. Avec une ambiance flippante et une bande son digne d'un film, on ressent vraiment le boulot des développeurs pour nous rendre une copie réussie. De plus, l'impression de ne faire qu'un entre Lana et Amy est réel, on s'étonne à ne plus pouvoir jouer sans prendre la main de la jeune fille pour avancer sereinement. Comme si sans elle, vous ne pouvez continuer l'aventure.
L'agence tout risque
AMY est un très bon jeu lorsque l'on garde en tête qu'il s'agit d'un jeu téléchargeable. Ce dernier accuse des faiblesses techniques importantes, le tout entouré par un univers qui nous font oublier ces quelques soucis. L'intérêt de ce titre réside clairement dans le scénario et tous les « à côtés ». Si l'on s'arrête uniquement à la technique, et si l'on considère qu'un jeu est bon si techniquement il est de bonne facture, alors AMY n'est pas fait pour vous. C'est comme dire que Resident Evil est un mauvais jeu car les caméras et prises de vue ne sont pas à notre goût. Là où une critique est possible réside dans le gameplay et la jouabilité du titre de Vector Cell, les fans ultimes du genre y trouveront leur bonheur c'est certains, mais pour les autres AMY est un jeu « injouable ». Les amateurs de survival-horror retrouveront un jeu old school comme on les aime, et les développeurs ont visiblement voulu satisfaire cette tranche de gamers. Certes la maniabilité est discutable, les déplacements du personnage sont extrêmement compliqués, mais si on se rappelle de nos vieilles parties sur Playstation, c'est une nostalgie stagnante qui nous revient à la figure.
AMY se déroule en six chapitres, dit comme cela, l'histoire paraît très courte. À vrai dire, tout dépend de la manière à laquelle on joue. Si on avance tête baissée, sans trop fouiller les différentes pièces, et bien le jeu sera très court. Mais si on embrasse l'univers d'AMY, alors la donne change et le temps de jeu s'en voit doublé. Si l'on mixe à cela une difficulté réellement présente, et une sensation de crainte et d'oppression omniprésente, on peut passer une bonne 10ène d'heure en jeu. Niveau ambiance et doublage, on touche au top du top. Les doublages sont de très bonne facture, et les bruits lors de nos escapades sont prenants. Le jeu prend une tournure flippante que l'on avait plus vu depuis longtemps sur console de salon. Les plus vieux d'entre vous se souviendront de Resident Evil ou encore Silent Hill, et pour les vieux de la vieille, vous aurez sans doute en tête Alone In the Dark premier du nom. On se souviendra de ce dernier comme la première production considérée comme survival-horror, et française qui plus est. C'est d'ailleurs grâce à ce dernier que Resident Evil s'est vu ouvrir les portes du genre. On ne va pas cracher sur un peu de chauvinisme
6
AMY revient à la base du survival-horror, sans fioriture, il va au plus près de ce qu'il se faisait de mieux. Une ambiance excellente, un sentiment d'oppression omniprésente, le côté « survivor » prend certes le pas sur le côté « horror », mais cela n'empêche en rien de nous donner une expérience de jeu originale. Des graphismes ratés rendent les ennemis moins flippant, mais leur côté ultra agressif rattrape un peu la donne. Tout est cependant de la poudre aux yeux qui ne peut occulter les soucis de gameplay. On se retrouve avec un jeu très compliqué, avec une rigidité extrême lors des phases de combat. Une durée de vie difficilement mesurable selon la difficulté et le style de jeu des gamers. Les vieux de la vieille adepte du survival-horror à la française y trouveront sans doute leur bonheur, pour les autres, AMY reste un jeu téléchargeable pas cher, qui peut rappeler des jeux comme les premiers Resident Evil et Silent Hill. Il y a encore 5-6 ans, AMY serait une référence, mais maintenant il peut être considéré comme un jeu pour nostalgie ambiante... Sympa, mais dépassé. Dommage.
Test de Sid


