Avant de débarquer sur la plateforme de Sony, Ni No Kuni est sorti sur Nintendo DS. Cette version étant essentiellement disponible au Japon, cet opus HD était attendu par la plupart des amateurs de J-RPG. Le développement ayant eu quelques ratés, c'est après un report de plus qu'arrive enfin le nouveau bébé du studio Level-5. Qu'on se le dise, sur le papier le titre est extrêmement prometteur avec les derniers cités qui sont à la base de la série Dragon Quest, le studio Ghibli qui s'occupe des cinématiques et qui a travaillé sur « Princesse Mononoke » ou encore « Mon voisin Totoro ». Après quelques sorties RPG qui n’ont pas fait l’unanimité, Ni No Kuni : La Vengeance de la Sorcière Celeste arrive à poing nommé pour un genre qui se laisse oublier au fi du temps.
Dans Ni No Kuni : La Vengeance de la Sorcière Celeste, vous incarnez le jeune Oliver qui a pour but de sauver sa mère. Cette dernière ayant perdu la vie par sa faute après l'avoir sauvé de la noyade. Toute l'histoire repose autour de cette quête de renaissance et du mix entre les deux mondes : celui des rêves et le monde réel. Le titre lui-même « Ni No Kuni » veut d'ailleurs dire « deuxième monde » en japonais. Le plus gros de l'histoire se passe dans ce monde parallèle où les habitants disposent tous de leur double. C'est grâce à cela qu'Oliver à la possibilité de sauver la vie de sa mère en la retrouvant dans ce Ni No Kuni. Lorsqu'une personne est malade dans l'un des mondes, il est possible de l'aider dans le second, et inversement. Pour passer d'un monde à l'autre, vous devez utiliser le sort « Portail » qui vous emmène la plupart du temps dans le petit village de Motorville. Sorte de quartier américain des années 50-60 où Oliver habite avec sa mère. L'utilisation des sorts est possible via l'almanach du magicien. Ce dernier est un grimoire qui vous en dit plus sur tout ce qui vous entoure et qui se complète au fil de l'aventure. Cet almanach est une véritable mine d'informations pour le joueur.
Une œuvre féérique
Level-5 est au RPG ce que les Beatles sont à la musique, un incontournable. Dès les premières minutes de jeu, on reconnaît de suite la patte du studio de développement et c'est tant mieux. Le Cel-Shading est tout simplement excellent et justifie à lui tout seul ce portage sur Playstation 3. L'association avec le studio Ghibli renforce ce sentiment de conte de fées tant le développement de l'univers est parfait. Ni No Kuni n'est pas seulement un jeu mais une histoire splendide mêlant tous les aspects qu'un joueur recherche dans un RPG. Les amateurs de ce style de jeu y trouveront leur compte mais également les amateurs de manga qui retrouveront tous les codes du genre. Ajoutons à cela une traduction aux petits oignons et une interface ultra simplifier pour faire de Ni No Kuni une véritable réussite. Ce travail de longue haleine est certainement la raison pour laquelle le jeu a pris du retard. Mais très honnêtement, si tous les jeux pouvaient avoir une traduction pareille, il serait compliqué de se plaindre. Même l'almanach est entièrement traduit, et l'on parle de plus 300 pages. Très rare dans un JRPG ! Les aficionados qui préfèrent jouer avec les voix japonaises peuvent avoir le sourire car il est possible de choisir sa langue. Le japonais est bien entendu parfait et le doublage anglais est aussi de très bonne qualité. En clair, il s'agit d'un sans-faute !
Les mécaniques de combat ne révolutionnent rien au genre, à part peut-être l'utilisation de ses « animaux » de compagnie si l'on peut les appeler ainsi. Il s'agit d'acolytes qui vous rejoignent pendant l'aventure et que vous devez développer au fur et à mesure de vos quêtes. La plupart du temps, ce sont eux qui se battront à votre place et c'est à vous de choisir le bon acolyte pour vaincre vos ennemis. Un aspect tactique prononcé bienvenu dans un RPG qui évite clairement de tourner en rond. Il vous est possible de leur donner des friandises pour augmenter leurs capacités et ces familiers disposent de plusieurs évolutions. Vous l'aurez compris, ces derniers sont la pièce maîtresse du gameplay et il vous faudra obligatoirement maîtriser vos familiers pour arriver au terme du jeu. Ni No Kuni propose également un max de quêtes annexes, histoire de prolonger le plaisir du jeu et découvrir de manière différente l'univers. La plupart de ces quêtes s'obtiennent via un tableau de prime comme c'était le cas dans Grace of Tales F ou chez les personnages non jouables dans les cités. Il faut avouer qu'elles sont souvent répétitives et consiste pour la plupart à tuer du monstre ou encore rétablir l'enthousiasme des villageois. La réussite de ces dernières vous permet de gagner des tampons, qui servent à remplir des cartes du mérite qui vous ouvriront de nouvelles compétences. Au final, Ni No Kuni n'est pas une simple aventure comme on en fait plusieurs fois dans l'année mais bien une histoire féérique qui vous emporte dans un univers à part entière. Sans nul que le jeu de Level-5 se place sur le haut du panier, au moins dans son style.
8
Ni No Kuni : La Vengeance de la Sorcière Celeste propose une aventure et un univers extrêmement bien retranscrit. Un voyage dans le rêve et une quête initiatique propre au JRPG. Une direction artistique tout bonnement parfaite, une habitude venant de Level-5, le tout dans un cel-shading juste parfait. Le système de combat lui ne bouscule pas les habitudes et les fans du genre prendront leurs marques très rapidement. L'ambiance sonore est tout bonnement excellente, les musiques ayant été composées par Joe Hisaishi, membre du studio Ghibli. Un doublage japonais/anglais, où l'on vous laisse le choix, parfait complète un tableau de très bonne qualité. Avec une durée de vie de 60 heures plutôt honnêtes, Ni No Kuni est une franche réussite. Vous l'aurez compris, on vous le conseille sans même sourciller !
Test de Sid


